2011年5月9日星期一

La bibliographie

3 ouvrages de référence en version papier:
FRODON Jean-Michel, Le Chinéma chinois, CAHIERS DU CINEMA les petits Cahiers, SCEREN-CNDP, Paris, 2006.BU Droit-lettre.
REYNAUD Bénérice, Nouvelles Chines Nouveaux Cinémas, Edtions Cahier du cinéma, Paris, 1999.BU Droit-lettre.
DELAMBRE Raymond, Ombres électriques: les cinémas chinois, cerf-corlet, Paris, 2008.BU Droit-lettre.
3 ouvrages munérisés:
BERGERON Régis, Le cinéma chinois, 1949-1983.http://books.google.com.hk/books?id=UoWWkymCAlkC&pg=PA4&dq=cin%C3%A9ma+chinois&hl=zh-CN&ei=tj_GTeW4Csms8QP77N32Bw&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=4&ved=0CDgQ6AEwAw#v=onepage&q&f=falseHOO Olivia KHOO, METZGER Sean, Futures of Chinese cinema: technologies and temporalities in Chinese screen cultures.http://books.google.com.hk/books?id=4Kf0m3Uq3SMC&printsec=frontcover&dq=Chinese+cinema&hl=zh-CN&ei=DsXGTa2fK5Gp8AP_pdX2Bw&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=8&ved=0CFQQ6AEwBw#v=onepage&q&f=false
HU Jubin, Projecting a nation: Chinese national cinema before 1949.http://books.google.com.hk/books?id=y5LTbudKCZMC&pg=PA1&dq=Chinese+cinema&hl=zh-CN&ei=MMbGTfj6Gcmg8QOO_t32Bw&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=9&ved=0CFEQ6AEwCDgU#v=onepage&q&f=false
3 articles numérisés:
REYNAUD Berenice,ENTRE COMMERCE ET CRÉATION Nouvelles Chines, nouveaux cinémas, paru dans Le monde diplomatique, fevrier 2003.http://www.monde-diplomatique.fr/2003/02/REYNAUD/9929
Regards sur les cinémas chinois,Cet article est paru dans le Webzine n°140, 09/07/2009.http://www.cinergie.be/article.php?action=display&id=754
Yeh Yueh-yu, New Chinese Cinemas: Forms, Identities, Politics Defining "Chinese",from Jump Cut, no. 42, December 1998, pp. 73-76.http://www.ejumpcut.org/archive/onlinessays/JC42folder/DefiningChinese.html
3  documents ou archives numerises:
5 sites pouvant nourrir une reflexion sur le sujet traite ou temoigner de son actualite:

2011年5月8日星期日

les films d'animation chinois

 

Parallèlement au cinéma "vivant", le cinéma chinois connaît une grande tradition de cinéma d'animation. Les pionniers sont les frères Wan, qui réalisent de nombreux courts-métrages dans les années 1920 et 1930.
Le cinéma chinois se concentre jusqu'en 1947 dans les régions nord-est du pays où le Studio de cinéma est créé avec un département spécial pour l'animation : les studios d’art de Shanghai. Il réunit des professionnels de l'animation mais aussi des peintres et auteurs de bande dessinée. C'est le départ de l'époque florissante de l'animation chinoise qui, durant une quizaine d'années, utilise plusieurs formats, comme les papiers découpés, des peintures traditionnelles, des ombres chinoises, ou encore le dessin à l'encre de Chine, qui fascine le public chinois. Les deux premiers films d'animation réalisés avec cette dernière technique et qui étonnent le monde entier, sont Les têtards à la recherche de leur maman, et La fuite du cochon d'Inde.
Après quelques soucis dans les années 1960, l'animation chinoise prend un nouveau départ à la fin des années 1970 et connaît aujourd'hui un développement à la mesure de celui de son économie.
Ce qui différencie le cinéma chinois des autres, c'est que ces films ont pour point de départ une expression ou un proverbe, une légende ou une philosophie liés à l'histoire du pays. De plus, ils sont le plus souvent dépourvus de dialogues pour une question d'exportation.

quelques films:
La mante religieuse
Une vorace mante religieuse a décidé de croquer une insouciante cigale. Après bien des ruses, la mante est sur le point d 'arriver à ses fins, mais on la surveille ... Fier d'avoir mis en échec la mante ce dernier ne se doute pas qu'une zibeline le convoite à son tour...
A partir d'une fable chinoise traditionnelle qui reprend un proverbe très ancien «La mante pourchasse la cigale sans savoir que l'oiseau la guette ». Un précepte de Liu Xiang (érudit de la dynastie Han) qui remonte à plus de 2000 ans, du temps des empereurs Han. Méfi a n c e, méfiance. On peut toujours être la proie de plus fort que soi..
L'épouvantail
Au bord de son étang, un brave éleveur de poissons essaie dese protéger de la gourmandise de deux oiseaux à la fois effrontés et gloutons, qui lui pillent le fruit de son travail. Il construit un épouvantail dont se moquent éperdument lesvolatiles. Mais auront-ils le dernier mot ?
C'est une adaptation de livres très anciens («Histoires comiques») datant du temps du royaume des combattants (-445, -221 avant J-C) où il est question de flairer la ruse, de discerner le faux du vrai, et surtout dans l'art de la guerre, de savoir rester sur place pour décider d'agir au bon moment, par surprise, pour remporter la victoire.
Les singes qui veulent attraper la lune
Par une belle nuit claire, un groupe de singes essaient d'attraper la lune. Après avoir décidé de grimper les uns sur les autres, ils constatent bien vite qu'ils ne parviendront pas à l'atteindre. C'est alors que l'un d'entre eux, voyant le reflet de l'astre de la nuit au fond d'un puits, persuade ses amis de
la capturer à la surface de l'eau !
Adaptation d'une histoire populaire très ancienne, inspirée des pensées de Confucius qui démontre que toute apparence est fausse. Zhou Keqin a développé au maximum les péripéties de cette nuit folle au fond de la forêt. La musique, aux consonances européennes ; était préexistante au scénario et au tournage. Il renouvelle également la technique du papier découpé qui est en fait déchiré et dont les fibres imbibés de couleur donnent cet aspect incroyablement duveteux aux singes qui semblent couverts d'une épaisse fourrure. Un clin d'oeil amusé aux ombres chinoises.
Impression de montagne et d'eau
Pour le récompenser de lui avoir porté secours sur le chemin vers son village dans les montagnes, un vieux musicien apprend à un tout jeune pêcheur son art de la cithare . Une profonde amitié naît entre eux, jusqu'au jour où le vieil homme, après lui avoir fait don de son pro p re instrument de musique, s'évanouit dans le paysage...
Le film utilise une technique unique au monde, mise au point par le peintre caricaturiste Tei Wei depuis 1960 avec son film «Les têtards à la recherche de leur maman» : le lavis animé à l'encre de chine et à l'aquarelle dont il est le seul à connaître le secret. L'animation est si parfaite et si magique que l'on en oublie les difficultés. Ces 18 minutes de «lavis animé» ont nécessité plus de 20 000 clichés et près de 12 000 peintures ! Ce film survole dix siècles de la peinture chinoise qui regroupe des centaines d'oeuvres du patrimoine traditionnel.
L' aigrette et l'huître
Une aigrette affamée s'est mise en tête de mettre à son menu une huître apparemment facile à gober. Mais cette dernière, aussi habile que coriace, n'entend pas se laisser faire. Un troisième larron observe la situation en attendant son heure...
Les têtards à la recherche de leur maman
Une jeune et insouciante grenouille vient de pondre des oeufs à profusion au fond de l'eau limpide d'un paisible étang. Naissent alors une multitude de ravissants et fébriles têtards. Ceux-ci n'ont de cesse de connaître leur maman, qui de prime abord ne leur ressemble pas... ou pas encore.... Chemin faisant, s'enchaînent de nombreuses et curieuses rencontres avec les hôtes de l'étang et de ses berges : poissons, crevettes, tortues, crabes, poussins...
Les trois moines
Il s'agit de la transposition sans parole, de manière ironique et très drôle, d'un ancien proverbe chinois traditionnel : «Un moine seul porte deux seaux d'eau, deux moines portent un seul seau et quand ils sont trois, ils manquent d'eau...

Présentation de la sixième édition du festival du cinéma chinois de Paris - Septembre/octobre 2011

Depuis sa première édition en mars 2004, le Festival du Cinéma Chinois de Paris offre au public parisien et français une découverte du cinéma chinois méconnu dans le monde occidental. Il rencontre un accueil chaleureux du public et des professionnels. Monsieur Frédéric Mitterrand a écrit dans son éditorial :
«  Depuis 2004, le Festival du cinéma chinois de Paris nous invite à découvrir les joyaux de la production cinématographique chinoise grâce à une sélection exigeante, inédite, mêlant les œuvres de cinéaste reconnus à des premiers films réalisés par des nouveaux talents. Cette vitrine exemplaire de la création cinématographique en Chine et de ses nouveaux courants est désormais un rendez-vous attendu des cinéphiles et du public. Il est aussi un lieu de rencontre exceptionnel avec les artistes chinois. »
La Présidente du CNC, Madame Véronique Cayla a écrit :
«  Dans un esprit particulièrement chaleureux, le Festival du Cinéma Chinois de Paris permet de porter un regard attentif sur les richesses multiples du septième art chinois. En miroir d’une sélection inédite de nouvelles productions, seront projetés des chefs d’œuvre incontournables du patrimoine cinématographique. En présentant ainsi un large éventail de films, le Festival devient, le temps de deux semaines, une formidable passerelle entre passé et présent explorant la diversité du cinéma d’hier et d’aujourd’hui pour le plaisir des cinéphiles et du grand public. »
Notre Festival est fidèle à son public et poursuit ses efforts. Nous sommes heureux d’annoncer que :
Une délégation chinoise composée d’officiels, de réalisateurs, d’acteurs chinois viendra à Paris pour participer à cet évènement annuel du cinéma chinois.
Comme les éditions précédentes, avec plus d’une trentaine d’œuvres, nous présenterons un large éventail de films, tous inédits et de grande qualité.
Il comporte quatre parties :
  1. La sélection de films nouveaux comprendra des films de réalisateurs renommés, des films primés dans les festivals internationaux et nationaux, ainsi que des premiers films de jeunes cinéastes.
  2. Une rétrospective sur le Cinéma de Shanghai des années 40-80, avec un hommage à Sang Hu (1916 - 2004), célèbre réalisateur. Une dizaine de ses chefs-d’œuvre tournés de 1942 à 1988 seront prêtés par les Archives du Film de Chine. Il a également réalisé le premier film chinois en 3D en 1962.
  3. Des documentaires pour mieux comprendre l’évolution de la culture chinoise entre tradition et modernité, et la Chine vue par les français.
  4. Des films d’animation pour le jeune public et la famille.
Le Festival du Cinéma Chinois de Paris montre la diversité du cinéma et de la culture. Il invite le public parisien à apprécier la beauté du cinéma chinois, à découvrir la vie et les coutumes des différentes ethnies de cet immense pays, et à partager les sentiments des chinois imprégnés de leur culture millénaire. Il contribue à développer les échanges et la collaboration cinématographique entre la Chine et la France, deux grands pays du cinéma. Il renforce les liens d’amitié entre nos deux pays.
La sixième édition du Festival du Cinéma Chinois de Paris
aura lieu du 20 septembre au 4 octobre 2011.

Le cinéma de Chine continentale

L’expression « Cinéma Chinois » est de plus en plus utilisée pour évoquer trois cinématographies (Chine continentale, Hong Kong, Taïwan) certes non dénuées de liens mais ayant chacune leur histoire et leur esthétique propre. Pour cette raison, nous nous limiterons ici à l’Histoire du Cinéma de Chine Continentale. L'article ne prétend évidemment pas à l'exhaustivité concernant la très effervescente période récente. Des auteurs ou films primés en festival ou remarqués ont été volontairement oubliés car l'objectif est plus de dégager les grandes tendances que d'essayer de coller à l'abondante actualité du cinéma continental. 

Les débuts

Peu de temps après son invention, le cinéma a été introduit en Chine par des showmen espagnols, français et américain louant des maisons de thé, des restaurants, des théâtres pour projeter des films en plein milieu de spectacles ou de pièces de théâtre. La première projection de film en Chine remonte ainsi à 1896, un an après les premiers films des Frères LUMIERE. Les Chinois regardent ces films comme des « théâtres d’ombres Occidentaux ». Mais leur succès est tel que les films importés ne satisfont plus la demande. C’est l’époque où la Pathé réalise des documentaires en Chine. En 1905, Ren Fengtai, propriétaire d’un studio de photo à Pékin, réalise Conquering Ju Mountain, premier film produit en Chine au succès aidé par la notoriété dans le monde de l’Opéra de son acteur principal et la démocratisation du prix des places. En 1908, l’Espagnol Antonio RAMOS ouvre la première salle uniquement dédiée à la projection de films. Dans les années 10, l’Américain Benjamin BRODSKY établit l’Asia Film Company, premier studio cinématographique chinois. En 1912, ZHANG Shichuan et ZHENG Zhengqiu produisent en collaboration avec ce studio The Difficult Couple, un court métrage moquant les rituels du mariage.

La bulle des années 20

Les années 20 sont une période où l’Etat intervient très peu dans le monde du cinéma. En 1922, ZHANG et ZHENG confondèrent avec deux de leurs amis la Mingxing à Shanghaï grâce à de l’argent spéculé en actions. Le cinéma était alors vu comme un moyen de spéculer : des studios ouvraient et fermaient juste après avoir fait des bénéfices. A cette époque, le cinéma commercial florit et les genres en vogue sont le film d’opéra, les arts martiaux et le fantastique. En 1926, le nombre de salles en Chine atteindra d’ailleurs 106 avec un potentiel de 68000 spectateurs. C’est en 1921 que REN Pengnian réalise Yan Ruisheng, le premier long métrage chinois, un film inspiré d’un faits divers ayant fait sensation. A cette époque, la Mingxing a peu de succès mais ZHANG et ZHENG établirent définitivement le statut du studio avec l’énorme succès de Orphan Rescues Grandfather (1923). Les films du studio sont alors des drames familiaux glorifiant les vertus confucéennes dans le monde moderne. A cette époque, beaucoup de studios étaient des entreprises familiales. C’était ainsi le cas de la Tianyi, compagnie fondée par les frères SHAW. A l’opposé de la Mingxing, Tianyi se spécialise dans l’adaptation de récits et légendes populaires. C’est aussi le premier studio à investir en Asie du Sud-Est, y créant sa propre chaine de salles. Leur White Snake (1926) en deux parties est un succès record en Asie du Sud-Est. Le studio est à l’origine de la vogue du cinéma en costumes et la Mingxing produit alors The Burning of Red Lotus Temple (1928-31), un sérial en 18 parties. C’est également l’époque où les Frères WAN produisent Uproard in an art studio (1926), premier film d’animation chinois. Mais la bulle spéculative autour du cinéma éclata à la fin des années 20 : la surproduction rendit les films meilleurs marché à l’achat à l’export et la valeur croissante des actions poussa les petits studios à produire pour de moins en moins cher des films à la finition de plus en plus médiocre. Il ne resta plus au début des années 30 que 12 studios contre une centaine à la fin des années 20. L’époque du parlant et de la grande crise économique mondiale approchait.

Le cinéma de Gauche des années 30

Dans les années 30, le gouvernement nationaliste du Kuomintang va exercer un contrôle accru sur le cinéma et l’art : les films en cantonnais, les films fantastiques, les films d’arts martiaux et les films hollywoodiens représentant de façon humiliante les Chinois sont interdits. Le but était la promotion d’une image moderne de la Chine face à Hollywood. Le gouvernement trouva un allié en la personne de LUO Mingyou. Avec la Lianhua, il réorganisa des studios tels que la Mingxing en en faisant des branches shanghaïennes et hongkongaises de sa compagnie. Dans le but de revitaliser le « cinéma national », il recruta les cinéastes SUN Yu et CAI Chusheng et fit produire des films visant le public urbain et intellectuel qui snobait les films d’arts martiaux dans les années 20.
Là où la Lianhua produisait au début de la décennie du muet du fait des difficultés de certaines salles à passer au parlant, Mingxing et Tianyi rivalisèrent dans la production de films parlants. La Tianyi passa alors à un cinéma plus contemporain. Après avoir aidé à l’installation du son dans 139 salles d’Asie du Sud-Est, la compagnie installe un studio à Hong Kong et produit du cinéma cantonnais à partir de 1934. Lors de l’invasion de la Chine Centrale par le Japon 1937, elle transféra tous ses équipements de Shanghaï à Hong Kong et devint à partir des années 50 la Shaw.
Contrairement à la Tianyi, Mingxing et Lianhua ouvrirent la porte aux cinéastes de Gauche. Dans le cas de la Mingxing, ce recours trouvait sa source dans les difficultés financières de la compagnie à l’ère du parlant et de l’interdiction du cinéma d’arts martiaux et la vision de l’éducation de masse de cinéastes de Gauche tels que ZHENG Zhengqiu. Cela donna naissance à des mélodrames sociaux tels que le succès de ZHENG Twin Sisters (1933). Cette sensibilité sociale se retrouve dans Song of the Fisherman (1934) tourné par CAI Chusheng pour la Lianhua, premier film chinois primé dans un grand festival (Moscou 1935).
La Gauche chinoise regroupe alors des cinéastes de premier plan de l’époque et une critique de cinéma de Gauche se développe. Outre les studios mentionnés, la Diantong et la Yihua produisirent aussi du cinéma de Gauche à cette époque. Inquiet de l’explosion de ce « courant », l’aile Droite du Kuomintang accrut le contrôle étatique sur le cinéma et la pression sur certains studios. HUANG Jiamo et LIU Na’ou furent à la Yihua les chantres du « soft cinema », des comédies légères et dépolitisées. Ce cinéma-là fut brocardé par le critique de Gauche.

La Seconde Guerre Mondiale

A partir de 1937, Shanghaï est occupée par le Japon. Au début de l’occupation japonaise, elle bénéficie d’un statut d’occupation particulier sous administration occidentale. Si ce statut permet à certains cinéastes de faire des films nationalistes, il encourage le départ de nombre d’entre eux à Hong Kong, donnant à l’industrie hongkongaise ses fondations. De 1941 à 1945, la production locale se divise comme suit : films de propagande pro-japonais réalisés en Mandchourie, cinéma commercial d’occupation à Shanghaï, films anti-japonais à Chongqing, documentaires à Yanan.

Le boom d’après-guerre

Entre 1945 et 1949, l’industrie locale connaît une renaissance sous les effets conjugués du Kuomintang et des compagnies privées. Il d’ailleurs inronique de constater que des films critiques de la corruption du Kuomintang tels que Diary of a Homecoming (1947) proviennent de studios mis en place par ce dernier. Outre les studios du Kuomintang, les studios phares de l’époque sont la Kunlun pour un cinéma épique et la Wenhua pour les drames humanistes. C’est à la Wenhua qu’est réalisé Printemps dans une petite ville (1948), un film de FEI Mu considéré comme le Citizen Kane du cinéma chinois.  Hollywood domine alors le marché local en nombre de films diffusés mais malgré l’inflation monétaire le public chinois va voir en salles son cinéma national bien plus qu’avant-guerre. Les années 30-40 permirent à des cinéastes de développer dans un contexte d’instabilité et d’industrie des directions artistiques proches de l’Occident (modernité, néo-réalisme, expressionnisme) voire même de l’esthétique traditionnelle chinoise. Pour cette raison, elles sont souvent considérées comme un âge d’or.

L’emprise du politique

A partir de l’arrivée au pouvoir des Communistes en 1949, l’humanisme et le réalisme des cinéastes de Shanghaï devint suspect aux yeux des autorités. Les studios du Kuomintang furent confisqués par l’Etat, le Bureau Central du Cinéma fondé à Pékin et les censeurs communistes supervisèrent l’élaboration des films du début à la fin. Les scénaristes étaient sous l’autorité de deux instituts et leur travail alloué aux studios selon un système de quotas. Au début, les studios privés pouvaient encore travailler. Mais suite à la campagne de MAO Zedong contre la production Kunlun La Vie de Wu Xun (1950) de SUN Yu (un éditorial dans le Quotidien du Peuple en mai 1951) ces derniers ne purent survivre en l’état. Ils fusionnèrent et passèrent sous l’autorité de l’Etat en 1952. Dans ce contexte, les films américains furent interdits à la diffusion et remplacés par des films soviétiques et d’Europe de l’Est et l’Académie de Cinéma de Pékin est fondée en 1950. Les années 50-60 seront celles de la Troisième Génération, celle des cinéastes du Réalisme Socialiste avec pour thèmes la lutte des classes, les héros révolutionnaires, le groupe, le setiment national, les visions utopiques. Face à cette situation, les cinéastes déjà accomplis se tournent vers des genres idéologiquement « neutres » tels que le film historique, le film de guerre, l’opéra, l’adaptation littéraire.

Les conséquences de la Révolution Culturelle

Suite à l’échec du Grand Bond en Avant, une relative liberté revient dans l’industrie cinématographique. Des films progressistes tels que le drame Early Spring in february (1963) de XIE Tieli sont réalisés mais seront critiqués plus tard. De 1966 à 1972, la production cinématographique cesse pratiquement du fait de la Révolution Culturelle. Seuls huit « opéras révolutionnaires » sont réalisés et diffusés. De 1973 à 1976, la production locale reprend peu à peu. MAO meurt en 1976. Quelques films tels que les mélodrames politiques de XIE Jin critiquent timidement les exçès passés du Communisme.

Le « dégel » des années 80

Le début des années 80 est marqué par des réformes économiques et un relâchement du contrôle idéologique sur le cinéma. La liberté artistique s’accroît de même que la quantité de films produits. Le cinéma est alors le loisir favori du public. Cette période fit coexister trois générations de cinéastes : la troisième, quatrième et cinquième génération. Les cinéastes de la Troisième Génération tels que CHENG Yin, LING Zifeng, SHUI Hua retournèrent à leurs genres favoris (film historique, adaptation littéraire) tandis que XIE Jin suscita la controverse avec des mélodrames critiques vis à vis du passé communiste. Les cinéastes qui avaient étudié le cinéma mais n’avaient pu réaliser de films avant 1966 -la 4ème Génération : XIE Fei, HUANG Jianzhong, ZHENG Dongtian…- ont été actifs durant la période. A l’opposé des héros révolutionnaires du cinéma de la 3ème Génération, ils s’attachèrent à l’humain, au quotidien du peuple et à l’expérimentation de divers styles cinématographiques. Un film comme Narrow Street (1981), dénonciation des exçès de la Révolution Culturelle, utilise ainsi des techniques narratives modernes. Cette génération de réalisateurs avait en effet découvert plus jeune les théories et les grands courants esthétiques du cinéma occidental. De nombreux films du début des années 80 évoquent le tabou de la sexualité tandis que la période est aussi marquée par l’émergence notable d’une dizaine de cinéastes femmes telles que HUANG Shuqin et ZHANG Nuanxin.

La 5ème Génération

Après l’interruption de la production cinématographique locale dix ans durant suite à la Révolution Culturelle, le cinéma chinois entra dans une ère qui permit l’avènement de la 5ème Génération. Le cinéaste WU Tianming devient un personnage clé dans l’émergence d’une vague de cinéastes qui allait installer la Chine sur la mappemonde cinéphile en Occident. Après avoir réalisé trois films, WU prend la tête des studios Xi’an en 1984. En 1987, son quatrième film, Old Well, contiendra de fait le symbolisme, le réalisme poétique et le sens du romanesque qui sont la marque de fabrique de la 5ème Génération. ZHANG Yimou est d'ailleurs acteur et chef-opérateur sur ce dernier film. A partir de 1985, les studios Xi’an devinrent une pépinière de jeunes cinéastes : ZHANG Yimou, CHEN Kaige, TIAN Zhuangzhuang, HUANG Jianxin… Tous ces cinéastes avaient en commun l’expérience de la Révolution Culturelle, celle de la vie rurale et étaient les premiers diplômés de l’Académie de Cinéma de Pékin (la « classe 1982 »). Leur grand thème est la relation entre l’individu et l’Histoire. 

C’est d’ailleurs le grand thème de Terre Jaune (1984), film fondateur de cette vague de cinéastes qui fait vite sensation au Festival de Hong Kong. Formant avec La Grande Parade et Le Roi des Enfants (1987 tous deux) une trilogie du cinéaste sur le sujet, le film ouvre l’époque de l’explosion festivalière de la 5ème Génération : ZHANG Yimou décroche l’Ours d’Or à Berlin en 1988 pour Le Sorgho Rouge (1987), le Grand Prix de Cannes en 1994 pour Vivre ! (1994) (couplé à un Prix d’Interprétation pour GE You) et deux Lions d’or vénitiens (Qiu Ju (1992) en 1992 couplé à un Prix d’Interprétation pour sa muse GONG Li, Pas un de moins (1999) en 1999); Le Cerf-Volant Bleu (1993) de TIAN Zhuangzhuang est primé au Festival de Tokyo 1993 (Prix d’Interprétation pour LU Liping); CHEN Kaige décroche la Palme d’Or à Cannes en 1993 pour Adieu ma Concubine (1993). Le succès surprise en salles en France d’Epouses et Concubines (1991) de ZHANG Yimou lance quant à lui une période d’intérêt cinéphile et critique croissant pour le Cinéma Chinois continental dans l’Hexagone, intérêt qui va progressivement s’étendre à tout le cinéma d’Extrême Orient. 

Mais c’est le bien moins célèbre Voleur de Chevaux (1986) de TIAN Zhuangzhuang qui est considéré comme le chef d’œuvre de cette vague. En parallèle à ce cinéma festivalier, des réalisatrices moins célèbres ont produit des films plus liés à la réalité contemporaine, plus urbains : On the Beat (1995) de NING Ying, The Red Suit  (1999) de LI Shaohong, Women’s Story (1989) et Women in Shanghaï (2002) de PENG Xiaolian. Acteur pour ZHANG Yimou, JIANG Wen deviendra plus tard metteur en scène. Il se fera un nom en Occident avec les Démons à ma porte (2000), farce audacieuse sur l’occupation de la Chine par le Japon durant la Seconde Guerre Mondiale primée à Cannes. Interdit de tournage par la suite, le cinéaste reviendra derrière la caméra en 2006.

L’underground dans les années 90-2000

Entre le 15 avril et le 4 juin 1989, les étudiants chinois manifestent Place Tian Anmen pour demander des réformes démocratiques. De jeunes cinéastes étudiants à l’époque de ces soulèvements réprimés par le régime allaient réaliser dans les années 90 des films à la marge du système de production officiel. ZHANG Yuan, HE Jianjun et WANG Xiaoshuai forment la première vague de cinéastes underground brouillant la frontière fiction/documentaire et au cinéma ancré dans la réalité chinoise contemporaine. En 1992, ZHANG Yuan réalise Mama hors des circuits officiels. Un an après, il réalise Beijing Bastards. Considéré comme le premier film punk chinois, le film est co-produit par un collectif de scénaristes et de producteurs indépendants parmis lesquels Christopher DOYLE et CUI Jian (star du rock blacklistée suite à sa participation à Tian Anmen). En 1996, il explore dans East Palace, West Palace les thèmes de la drogue et de la prostitution, thèmes aussi évoqués par Postman (1995), le second film de HE Jianjun. Grâce à l’aide d’un TIAN Zhuangzhuang devenu soutien de projets de jeunes cinéastes après son interdiction de tournage suite au Cerf-Volant Bleu, WANG Xiaoshuai réalise un So Close to Paradise (1998) à la frontière entre film noir et néoréalisme.
La seconde vague underground a quant à elle comme intiateur JIA Zhangke. En 1995, il crée le Youth Experimental Film Group, première compagnie indépendante chinoise. En 1997, il crée son premier film Xiao Wu Artisan Pickpocket. Tourné avec des acteurs non-professionnels à Shanxi, le film fait le tour des festivals dans le monde et impose son nom sur la planète cinéphile. Il poursuivra dans la voie de l’évocation des mutations sociales et économiques de la Chine post-1980 dans la suite de sa filmographie, cette évocation prenant une plus grande ampleur à partir de Platform (2000). Dans son sillage de réalisme et de cinéma « clandestin » on trouve L’Orphelin d’Anyang (2001) de WANG Chao, Bling Shaft (2003) de Li Yang et le films de Liu Bingjian. Mais cette vague a aussi produit des films plus oniriques tels Suzhou River (2000) de LOU Ye ou All tommorow’s parties (2003) de YU Lik-Wai. Ces films ont été censurés en Chine en leur temps et le sont même parfois toujours.
Un autre détonateur du jeune cinéma d’auteur chinois dans les années 90 fut la DV, permettant à de jeunes cinéastes de tourner sans beaucoup d’argent ni de contraintes techniques. La DV est à l’origine de la création de groupes artistiques et compagnies dans de nombreuses villes, en parallèle avec une explosion des DVDs pirates. Face à la notoriété grandissante dans les festivals de l’underground, les autorités décident de sortir officiellement quelques-uns des films « bannis » : c’est le cas de Beijing Bicycle (2001), film de WANG Xiaoshuai primé à Berlin. Des cinéastes de l’underground des années 90 tournent désormais avec autorisations tels JIA Zhangke avec The World (2004) et son Still Life Lion d’Or vénitien en 2006 ou ZHANG Yuan (I Love You (2002), Green Tea (2003)). Des films « ni-commerciaux ni-underground » tels The Missing Gun (2002) voient le jour.

Les Superproductions

Suite au succès mondial de Tigre et Dragon, la Chine continentale s’est lancée dans la production de wu xia pian et films historiques à gros budget visant un public mondial. Depuis la rétrocession de Hong Kong, beaucoup de ces films font appel à des stars made in HK voire à des stars panasiatiques. C’est le cas de Hero (2002) de ZHANG Yimou avec Jet LI, Maggie CHEUNG, Zhang Ziyi, Tony LEUNG Chiu-Wai. ZHANG Yimou persistera dans cette voie avec Le Secret des poignards volants (2004) tandis que CHEN Kaige offrira sa contribution au genre avec Wu Ji, la légende des cavaliers du vent (2005). Cinéaste leader au Box Office avec ses comédies des « blockbusters du Nouvel An Chinois » depuis leur création en 1997, FENG Xiaogang s’illustre aussi dans cette voie avec The Banquet.

Le cinéma de Taiwan

L'histoire du cinéma taïwanais est indissociable de celle de l'île.
Film taïwanais de 1940 réalisé par Elizabeth Yong Zhong, avec Li Xianglan
De 1895 à 1945, Taïwan est une colonie japonaise et son cinéma (1900 à 1945) est fortement influencé par le cinéma japonais. Le début de la seconde guerre sino-japonaise interrompt la production cinématographique jusqu'en 1945, en raison de la politique de nipponisation qui contraint les taïwanais à parler japonais en public. Le cinéma taïwanais renaît à partir de 1949 et la fin de la guerre civile entre les partisans du Parti communiste chinois les nationalistes du Kuomintang, où de nombreux réalisateurs favorables à Tchang Kaï-chek rejoignent Taïwan. Durant cette période, les premiers films produits sont des films officiels en mandarin choisis par le gouvernement qui voulait unifier le pays en déclarant le mandarin comme langue officielle. Les films en d'autres dialectes, notamment le taïwanais disparaissent peu à peu faute de subvention de l'État.
Les années 1960 marquent le début de la modernisation rapide de Taïwan avec la focalisation du gouvernement sur l'économie, le développement industriel et l'éducation. En 1963, il crée le Central Motion Picture Corporation (CMPC) qui introduit le mélodrame dit du "réalisme sain". Le genre doit aider à construire des valeurs morales traditionnelles, considérées comme importantes dans la rapide transformation de la structure socio-économique. À cette période, les films d'époque de kung-fu et les mélodrames sont également populaires. L'auteur Qiong Yao à succès a vu nombre de ses romans à l'eau de rose adaptés au cinéma à cette période.
Le réalisme sain disparaît peu à peu au profit de mélodrames qui traitent néanmoins toujours de l'ambivalence entre les mutations sociétales et la morale.
Avec le relâchement de la censure à la fin des années 1970, le genre du réalisme social se développe autour de films consacrant la violence masculine et une approche misogyne de la sexualité.
 
Au début des années 1980, les films deviennent populaires avec le développement des cassettes vidéos. Cependant, l'industrie taïwanaise est en difficulté à cause du non-renouvellement des réalisateurs installés et de l'entrée en force des films de divertissement hongkongais.
Afin de rivaliser avec les films hongkongais, le CMP supporte des jeunes réalisateurs taïwanais. En 1982, le film In Our Time comprend quatre jeunes réalisateurs talentueux (Edward Yang, Tao De-chen, Ke I-jheng, et Jhang Yi) et est le précurseur de ce qui deviendra la nouvelle vague qui renouvellera le cinéma taiwanais. Celle-ci commence vraiment avec Growing Up de Chen Kunhou et The Sandwich Man co-réalisé par des jeunes réalisateurs dont Hou Hsiao-hsien.
Contrastant avec les mélodrames ou les films d'action des décennies précédentes, les films de la nouvelle vague sont connus pour leur style réaliste et leurs portraits de la vie taïwanaise. Ces films, cherchant à donner une vision authentique de la vie urbaine et rurale sont souvent rapprochés du cinéma néoréaliste italien. Cet accent sur le réalisme est accentué par des innovations narratives. Ainsi, la convention narrative classique basée sur le climax est abandonnée au profit d'histoires progressant au rythme de la vie réelle.
La nouvelle vague examine ainsi de nombreux aspects de la société taïwanaise de l'époque comme l'urbanisation, la lutte contre la pauvreté et les conflits avec les autorités. Par exemple, La Cité des douleurs de Hou Hsiao-hsien traite des conflits entre les taïwanais locaux et le gouvernement nationalise chinois après la fin de l'occupation japonaise. Taipei Story et Confusion chez Confucius de Edward Yang explorent la confusion entre les valeurs traditionnelles et le matérialisme moderne dans le jeunesse urbaine. Ces deux réalisateurs bien qu'ils possèdent leur propre style sont considérés comme les chefs de file de la nouvelle vague. Ils ont gagné une renommée internationale avec notamment un Lion d'Or au festival de Venise pour Hou Hsiao-hsien.
De plus, la nouvelle vague met en avant l'identité taïwanaise que le gouvernement avait occulté. Ainsi des films mettent en avant la diversité linguistique de Taïwan en tournant en taïwanais et en hakka et plus seulement en mandarin. Les réalisateurs s'attaquent aussi à des tabous sociaux et tentent de concilier les exigences artistiques et commerciales.
La nouvelle vague donne naissance à une seconde vague qui est moins sérieuse et plus accessible, sans renier le souci de décrire la société taïwanaise.
Ainsi, Vive l'amour de Tsai Ming-liang qui remporte le Lion d'Or de Venise en 1994, dépeint l'isolation, le désespoir et l'amour entre de jeunes adultes de Taipei. The Peach Blossom Land de Stan Lai est une tragi-comédie sur des groupes d'acteurs répétant des pièces différentes sur la même scène, qui remporte des récompenses aux festivals de Tokyo et Berlin.
Ang Lee, est certainement le réalisateur le plus connu de la seconde vague. Ses premiers films Pushing Hands (1991), Garçon d'honneur (1993), et Salé sucré (1994) se concentrent sur les conflits générationnels et culturels dans les familles modernes. Plus récemment, il s'est démarqué de la nouvelle vague en revisitant le genre wuxia avec Tigre et dragon qui remporte un succès immense à l'étranger

Le cinéma de Hongkong

Le cinéma hongkongais est un des quatre courant du cinéma chinois, avec celui de la Chine continentale, de Singapour et de Taiwan.
Étant une ancienne colonie britannique, Hong Kong a bénéficié d'une liberté économique et politique que n'avait pas la Chine continentale et Taĩwan. Elle est devenue un centre de production cinématographique pour le monde sinophone, y compris la diaspora, ainsi que pour l'Asie de l'est en général. Pendant des décennies, Hongkong a été le troisième producteur de film après Hollywood et Bollywood.
Malgré la crise du milieu des années 1990, et le retour à la souveraineté chinoise en 1997, les films hongkongais ont gardé leur identité et continuent de jouer un rôle important sur la scène du cinéma mondial.
En occident, le cinéma hongkongais populaire a toujours été très apprécié et peut être aujourd'hui considéré comme un élément de la culture dominante. Son influence a été considérable, notamment sur les récents films d'action hollywoodiens.
 
Comme dans le reste de la Chine, les premiers films sont étroitement liés à l'opéra chinois qui avait dominé l'art dramatique pendant les siècles. .
Le premier film hongkongais est une autre adaptation d'opéra, Zhuangzi Tests His Wife de 1913, réalisé par le metteur en scène Lai Man-wai qui joue le rôle féminin dans la tradition de l'opéra. Il deviendra connu comme le "père du cinéma de Hong Kong". La femme de Lai Man-wai joue également un rôle et est donc la première femme à jouer dans un film chinois, alors qu'être actrice fut longtemps tabou. Le film, produit par Lai et Brodsky est la première coproduction sino-américaine.Il ne sera jamais joué sur le territoire hongkongais.
La popularité des films parlants au début des années 1930 oppose les différents dialectes de Chine. Hong Kong est alors un centre important de cantonais alors que le gouvernement du Kuomintang souhaite favoriser le mandarin et est hostile à la production de films en cantonais. Le gouvernement s'oppose également aux films de Wu Xia Pian, genre mélangeant art martial et combats d'épées, accusés de promouvoir la superstition et l'anarchie.
Les films en cantonais et de wuxia demeurent néanmoins populaires et la colonie britannique d'Hong Kong devient alors l'endroit où ces genres peuvent se développer librement. Les films les plus populaires des années 1930 restent les opéras cantonais filmés.
Les studios principaux de l'époque sont Grandview, Universal, Nanyue et Tianyi. Le dernier est le premier projet de la famille Shaw qui deviendra très influente dans le cinéma chinois.
Un autre aspect important des années 1930 est la guerre sino-japonaise. Des films de "défense nationale", c’est-à-dire des films patriotiques sur des chinois résistants à l'invasion japonaise deviennent un des genres majeurs. On peut citer Lifeline (1935) de Kwan Man-ching, Hand to Hand Combat (1937) de Chiu Shu-sun et March of the Partisans (1938) de Situ Huimin. L'industrie est revigorée avec l'arrivée d'artistes et compagnies après la prise de Shanghai en 1937.
Hong kong est pris par les japonais en décembre 1941. Contrairement au continent, les occupants ne réussissent pas développer une industrie cinématographique collaborationniste. Ils ne parviennent à tourner que le film de propagande The Attack on Hong Kong (1942) avant le retour de Hong Kong aux britanniques en 1945. Mais surtout, les japonais ont fondu de nombreux films hongkongais d'avant guerre afin d'en extraire du nitrate d'argent pour leurs besoins militaires.
Le cinéma hongkongais d'après guerre, comme l'industrie hongkongaise d'après guerre en général est marquée par l'afflux de capital et de talents de Chine continentale. L'afflux devient extrêmement important avec la reprise de la guerre civile en 1946 qui avait été suspendue pendant la guerre, puis avec la victoire communiste en 1949.
Ces événements déplacent définitivement le centre du cinéma chinois vers Hong Kong. La colonie britannique réussit également à exporter ses films dans les pays d'Asie du Sud-est, notamment mais pas exclusivement vers les communautés de chinois expatriés, ainsi que dans les chinatowns des pays occidentaux.
Après la guerre, l'industrie cinématographique se scinde en deux cinémas parallèles, un en mandarin qui est le dialecte dominant des émigrés chinois du continent, et un en cantonais qui est celui de la majorité des hongkongais d'origine.
Pendant les décennies à venir, la plupart des films cantonais sont relégués à un statut inférieur.
Enfin, en 1963, les autorités britanniques votent une loi rendant obligatoire le sous-titrage de tous les films en anglais, ce qui devait permettre se surveiller leur contenu politique. Les studios incluent également des sous-titres chinois ce qui rend leurs films accessibles aux personnes parlant n'importe lequel des dialectes chinois.
Le sous-titrage obligatoire eu également la conséquence inattendue de faciliter l'exportation des films en Occident.
Les films d'arts martiaux à petit budget sont également populaires. Les films de wuxia avec des effets spéciaux, rencontrent également le succès, de même que les drames contemporains familiaux.
Le cinéma cantonais explose littéralement. Le mandarin se maintient jusqu'au début des années 1980 pour devenir confidentiel depuis.
La liberté dans le contenu des films progresse rapidement. Un genre érotique soft se développe sous le nom de fengyue qui ne connaît pas la stigmatisation du genre rencontrée à l'occident. Il fait plus ou moins partie du courant principal avec la participation de réalisateurs importants comme Chu Yuan et Li Han-hsiang. Il se métisse parfois avec les autres genres comme les arts martiaux, les films en costume et surtout les comédies. La violence dans les films se développe également vers un style plus intense et graphique, sous l'influence des réalisateurs de films d'art martiaux.
Un nouveau cinéma se développe rapidement autour d'une technique plus pointue et d'un style visuel plus sophistiqué avec notamment des effets-spéciaux modernes. Les genres sont mélangés et tendent vers plus de sensationnel: comédie, supernaturel, sexe, et surtout action se retrouvent souvent dans un même film.
Le cinéma de Hongkong prend également pied en occident en se servant de l'intérêt gagné durant les années 1970 avec les films de kung fu. Disponibles dans les chinatowns, les films séduisent d'abord les cinéphiles par leur exotisme et leur excès pour se répandent ensuite dans la culture populaire.
Les producteurs-réalisateurs Tsui Hark et Wong Jing sont les personnages clés de cette époque. Tsui est un réalisateur célèbre de la nouvelle vague qui symbolise l'absorption du mouvement par le courant principal.
En 1988, le gouvernement introduit un système de classement des films qui a un effet inattendu. La "catégorie III" c’est-à-dire les films réservés aux adultes, connaissent une croissance rapide avec les films pornographiques ou outranciers.
Au début des années 1990, environ la moitié des films sont de catégorie III; des films érotiques soft descendant des films fengyue des années 1970. L'exemple le plus marquant films de catégories III qui rencontrent un succès grand public est Sex and Zen de Michael Mak datant de 1991. La catégorie III comprend également des films d'horreur prétendument basé sur des histoires vraies, comme Dr. Lamb (1992), The Untold Story (1993) et Ebola Syndrome (1996).
Le genre a diminué depuis le milieu des années 1990 avec la crise du cinéma hongkongais en général et la disponibilité accrue de la pornographie en cassette vidéo.
Dans ce paysage commercial, il reste néanmoins une place pour un cinéma alternatif ou artistique, notamment grâce à l'influence de la nouvelle vague hongkongaise. Des cinéastes de la nouvelle vague comme Ann Hui et Yim Ho rencontrent toujours des succès.
La seconde moitié des années 1980 voit aussi l'émergence de ce qui est parfois appelée la "seconde vague". Les jeunes cinéastes sont en général Stanley Kwan, Clara Law et Eddie Fong, Mabel Cheung, Lawrence Ah Mon et Wong Kar-wai. Comme ceux de la première nouvelle vague, ils sont en général diplômés d'écoles de cinéma occidentales et sont passés par la télévision. Ils cherchent à aller au-delà des styles et des sujets traités par le cinéma commercial.
Ces artistes gagnent une attention et un respect important de la part de la critique internationale et des circuits de festivals. En particulier, les œuvres de Wong Kar-wai des années 1990 font de lui le réalisateur le plus acclamé et récompensé à provenir de Hong Kong.
Les années 1990 marquent le déclin de l'industrie cinématographique hongkongaise avec une chute des ventes de billets de cinéma. À la fin de la décennie, le nombre de films produits a diminué de moitié, en conséquence de la disparition des films de catégorie III. La crise économique asiatique qui a tari les sources traditionneles de financement et appauvri le public régional.
Le gouvernement hongkongais créé en 2003 un fond de garantie pour inciter les banques à soutenir l'industrie du film. Il reçoit un accueil très mitigé.
Paradoxalement, le cinéma hongkongais obtient en même temps une visibilité internationale encore plus grande.
La rétrocession de Hong Kong à la Chine a entraîné le départ de stars hongkongaise vers les pays occidentaux et en particulier les États-Unis. Jackie Chan perce dans Rush Hour et Chow Yun-fat dans Le Corrupteur (The Corruptor). Industrie du cinéma hongkongais[modifier]
Le cinéma de Hong Kong n'a jamais ou peu bénéficié d'aide gouvernementale, que ce soit des subventions ou des quotas d'importations. Il s'est développé autour du cinéma commercial avec des genres distincts très identifiés et reposant souvent sur des formules, suites ou remakes.
Les films hongkongais reprennent certains éléments d'Hollywood comme les genres ou le rythme rapide du montage. Mais ces emprunts passent par le filtre de l'art et de la culture chinoise, et notamment le goût pour la stylisation et le rejet du réalisme occidental. Les films hongkongais sont ainsi souvent considérés à l'étranger comme surréels et énergiques.
Comme c'est souvent le cas dans les cinémas commerciaux, le cœur de l'industrie est un star-system très développé. Ainsi, dès les premières années, ce sont les artistes de l'opéra chinois qui ont amené leur public à l'écran.
Les films ont souvent des budgets assez faibles comparés aux standards américains. Les productions hongkongaises ne souffrent pas de la faiblesse des budgets, notamment grâce à des salaires bas et au professionnalisme des travailleurs.

Les genres

Le film de kung-fu

Le film de kung-fu devient populaire au début des années 1970 grâce aux acteurs et sportifs de haut niveau Jackie Chan, Sammo Hung et Bruce Lee.

Le wu xia pian

Le wu xia pian, l'équivalent des films de capes et épées occidentaux est le genre le plus populaire en Asie. Il est présent à Hong Kong depuis les débuts du cinéma et a été réinventé par Tsui Hark pendant les années 1980.

Le film de triade

Le film de triade traite principalement de la mafia asiatique. Il est devenu très populaire lors de la nouvelle vague hongkongaise grâce aux réalisateurs John Woo et Johnnie To.

La censure du film en Chine continentale

La censure en Chine en 2008

Depuis déjà quelques années, les professionnels du cinéma chinois luttaient pour avoir une censure déterminée par des valeurs objectives. En effet, par le passé, la censure pouvait frapper un long métrage pour tout et n'importe quoi.

Un arrière-plan est constitué de toilettes ? Censuré : cela ne donne pas une bonne image de la société chinoise. Je vous fais grâce d'autres exemples de ce type pour les films chinois. Les importations cinématographiques occidentales sont aussi soumises à cette règle de la censure.

Pour exemple, les mémoires d'une Geisha de Rob Marshall n'a pu être projeté en salle parce que le long métrage employait des actrices chinoises dans les rôles de Japonaises, soumises dans de nombreuses scènes.

Aujourd'hui, le SARFT, organe administratif (et donc de contrôle) de l'audiovisuel chinois (The State of Administration of Radio, Film and Television) a décidé d'édicter de manière claire et précise les sujets exposés à la censure:

I. Ne pas violer tous les principes fondamentaux de la Constitution chinoise.

NB : c'est certainement le point qui permettra de censurer encore tout et n'importe quoi, car la Constitution intègre tous les éléments sociétaux.

II. Ne pas aller à l'encontre de l'intégrité du pays, de son unification et de la souveraineté de son territoire.

NB : seront censurés des films chinois prônant l'indépendance d'une région chinoise, exacerbant le patriotisme local, etc.

III. Ne pas dévoiler des éléments de sécurité nationale, ou dévalorisant les honneurs et les intérêts de la nation.

NB : un film qui chercherait des poux sur certaines parcelles des frontières sensibles chinoises serait assurément dans la ligne de mire du SARFT.

IV. Ne pas inciter à la haine raciale, à la discrimination ethnique, aux communautés ethniques et à la violation des coutumes et traditions de ces peuples.

NB : Sous la coupe de la censure, toutes les oeuvres critiques sur les minorités ethniques, etc.

V. Ne pas violer et dégrader les politiques nationales sur le culte et les superstitions.

NB : pas de films à l'encontre des religions.

VI. Ne pas perturber l'ordre et l'harmonie sociaux.

NB : là aussi, des généralités qui permettront de censurer sous couvert.

VII. Ne pas faire l'apologie (ou de l'insinuer) du sexe, des jeux d'argent, de la violence.

NB : ce point est l'un des plus sensibles, puisqu'il permet la censure de toutes scènes sexuelles qui ont coûté cher à Lost in Beijing de Li Yu.

VIII. Ne pas humilier ou violenter physiquement ou moralement des individus.

NB : Une claque peut être soumise à la censure.

IX. Ne pas aller à l'encontre de la morale sociale et ne pas détériorer l'héritage culturel chinois.

NB : Cela sera également un élément pour censurer facilement.

X. Ne pas faire la promotion d'éléments prohibés relevant des lois nationales.

NB : Un film sur la drogue ou sur le piratage par exemple.

Voici donc la base déterminée par le SARFT pour les prochaines années à venir. Toutes ces règles seront toutefois encore soumises à la subjectivité du bureau du cinéma.